L'avis de Ricochet
Boléro le lapin et Musette l'oursonne sont les meilleurs amis du monde. Jusqu'au jour où Musette disparaît, laissant Boléro inconsolable. Il parvient à capturer l'âme de Musette avant qu'elle ne s'envole, et ne veut plus sortir de chez lui pour la garder précieusement. Lorsqu'il remet le nez dehors sur l'insistance de ses amis alertés, il traîne partout le baluchon de Musette. Cela le rassure mais le gêne aussi dans ses interactions sociales. Le temps du deuil sera long. Et puis Boléro décidera un jour de laisser partir Musette dans le ciel. Sans pour autant l'oublier...
L'auteure raconte avec poésie et sensibilité le lent processus qui accompagne le décès d'un être cher. La présence encore forte de l'absent, ou bien le chagrin insondable, est habilement symbolisé par un sac encombrant qu'il s'agira donc de laisser derrière soi quand on sera prêt. En attendant, le rôle des proches est crucial, et aucun des animaux de la forêt (ils portent tous de joyeux noms de danses) ne laissera Boléro s'abandonner complètement à sa douleur. Au fil des saisons, il est invité à profiter du coin du feu, à se baigner, à goûter les tartes fraîches... En petits cartons collés et crayonnés de couleurs, les dessins tout simples accompagnent doucement le récit du narrateur externe. Les sentiments de Boléro sont toujours exprimés de façon indirecte, mais avec l'acuité vive de ses réactions vécues en parallèle à l'enthousiasme naturel de ses amis. Une très belle façon de raconter le temps "après la mort" aux petits.
Le concours de ma vie, "Mes premiers j'aime lire" octobre 2018
Magazine de l'Apel
Amath et le Lwas, éditions du Jasmin, mai 2019
Cet album jeunesse précieux, rare, s'écoule en main comme du sable d'or. Dès le plus jeune âge tant les mots sont chantants et doux jusqu'à la fin de la nuit cette lecture est un miracle. Prodigieuse, elle élève l'enfant vers le summum d'une création de renom. »Amath et le Lwas » de Maylis Daufresne et Nathalie Paulhiac est un cadeau littéraire exceptionnel. Un bînome majeur, lié à l'art ultime. Cet album est un chef-d'oeuvre, plus qu'une promesse, une certitude. le lecteur est foudroyé par la qualité verbale qui élève les mots dans la voie du vrai et du pur. Les illustrations en double page, époustouflantes, à mémoriser pour des jours nécessaires, sont dignes d'une artiste qui sait. Aucun espace est néant. Tout est magnifié, habile et grandiose. L'histoire est existentielle, quasi-initiatique et courageuse. Amath est ce petit garçon qui ne sait pas qu'il sait. Doué de fraîcheur et de pureté, dans la grandeur, la quête et le vouloir. Il est l'ultime point dans le centre de la sincérité. Et là !! la lecture prend un deuxième envol et pas des moindres ! Celui de l'émotion, du bouleversement, tant cette gamme littéraire est majestueuse et bienveillante. L'incipit : « Un bosquet d'acacias, et voilà le village d'Amath » pose l'histoire subrepticement en Afrique. Dans ce croisement à l'orée des mystères où à 7 ans les rêves sont des entrées fabuleuses pour de légendaires rencontres. Et, dans cet entre-monde se trouve Lwas « L'esprit des arbres et du monde végétal »Chaque nuit Amath rêve et apporte à Lawas en traversées grandioses de couleurs ce petit morceau qui fait de son village le bruissement de la vie. Les dialogues sont des temps de bonheur pour le lecteur qui prend à pleines brassées : «Ses sept années de vie ont enseigné à Amath, le sec et l'aride, l'ardent et le torride… » « Une maison robuste, chamarrée et charmante. » L'histoire est ceci. le ciel qui s'ouvre sur le summum. Il est si bon pour les enfants de lire l'éclat du mot et sa teneur !.Le lexique en fin de page est utile pour l'enfant lisant seul. Les parents ou adultes peuvent aussi le lire aux tout-petits. Tant cet album est magnifique, rien ne doit être laissé pour un après. Tout est à déguster, apprécier. le lecteur est fier et ému, reconnaissant d'avoir cet album en main, d'avoir lu ce sublime et cette saveur fantastique. Rarement, un album touche à ce point le paroxysme de la qualité. Cet incontournable (puisqu'il se nomme ainsi après le point final) « Amath et le Lwas » publié par les majeures Editions du Jasmin est dans la cour des grands. Enfants, parents, bibliothécaires, enseignants, libraires, ce prodige est pour vous et vite !!!!!!!!!!!!!
Babelio
De l'autre côté, éditions Cépages, octobre 2017
Article tiré du blog La mare aux mots
Article tiré du journal Le Wolvendael
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Noé vit seul dans un endroit paisible, entouré d’arbres de champs de collines de chèvres d’oiseaux et de marmottes.
Souvent, il se blottit au creux de son hamac, contemple la course du soleil et la beauté des paysages alentour.
Mais ces derniers temps, l’ennui a envahi son être. La solitude et le silence lui pèsent chaque jour davantage.
Ne supportant plus ce calme, Noé décide d’escalader la montagne pour voir ce qu’il y a derrière. Peut-être y
trouvera-t-il un peu d’agitation? Arrivé au sommet, il en prend plein les yeux le nez et les oreilles quand il voit en
contrebas une ville s’étaler. D’en haut, il entend la clameur des habitants, observe les fumées des usines,
admire les maisons aux couleurs vives… et au-dessus d’elle, dans le ciel, les avions ont remplacé les oiseaux…
En descendant de la montagne, il rencontre Iris, une jeune fille qui, comme lui, regarde la ville. Seulement,
son regard ne dit pas la même chose : citadine depuis toujours, Iris est lasse de vivre ici, elle aspire à la tranquillité,
à la sérénité.
Cet album évoque avec pertinence les charmes et les déplaisirs de la ville et de la campagne à travers deux
amoureux aux visions opposées, montrant que les différences n’entravent ni les rêves ni l’amour. Les collages
de Nathalie Paulhiac, poétiques à souhait, sont très beaux.
Article tiré du blog Les mots de la fin
Amas et le Lwas est un long poème, une ode à la nature tout en finesse et délicatesse. Les dessins sont colorés joyeux et paisible à la fois. C'est un album fascinant pour la beauté de la prose et ces illustrations chatoyantes et envoutantes qui l'accompagnent. Pour les plus grands mais aussi pour les plus petits car il n'est jamais trop tôt pour se confronter à la beauté du verbe. Une description magique et féérique d'un rêve d'enfant, d'un songe éveillé.
Babelio
Avant de vous parler du texte , je voudrais vous parler des illustrations qui m'ont subjuguée : des images magnifiques, des couleurs attirantes et une utilisation parfaite de la surface des pages . Avant de lire , on a envie de regarder. Quant au texte, il est poétique, enchanteur mais peut-être un peu difficile pour des jeunes enfants . le vocabulaire est riche sans être hermétique et on navigue sans cesse entre rêve et réalité ; une bonne occasion de faire connaissance avec la terre d'Afrique , la faune et la flore .Merci aux éditions du jasmin et à Babelio qui , dans le cadre de masse critique m'a fait découvrir une auteure et une illustratrice , deux femmes pleines de talent.
Babelio
"Ils s'aiment tellement, Boléro et Musette. Jamais l'on ne voit l'un sans l'autre.
Boléro sans Musette, Musette sans Boléro Le lapin sans l'oursonne."
Boléro et Musette sont inséparables. Puis, un jour, une branche casse. La chute.
Et Musette qui ne se réveille plus. Boléro s'accroche à sa silhouette
ourlée de lumière et ne veut pas la laisser partir.
Désormais, il la porte en bandoulière. Partout où il va.
Car comment laisser partir celle qu'il aime?
Les saisons passent. Boléro doit apprendre à apprivoiser l'absence. Le vide.
Et cette douleur lancinante qui enlève toute saveur au déroulé de ses jours.
Il est des livres qu'on ouvre au bon moment.
Comme mu par une force invisible qui sait que c'est l'heure du rendez-vous.
Que les mots vont nous frapper en plein coeur et faire écho.
Boléro et Musette devaient m'accompagner cette semaine.
Cet ouvrage parle de cette tristesse immense qui nous saisit tous quand un être cher nous
quitte. De cette tristesse comme une silhouette nimbée de lumière qui s'accroche à nos
pas et nous fait parfois vaciller. De cette tristesse qui garde la personne bien présente.
Comme si les au revoir n'avaient pas encore le goût d'éternité.
Se terrer chez soi comme un animal qui panse ses blessures/Retrouver la lumière du jour/
Se souvenir/ Encore et toujours/Parler/ Accepter la compagnie d'autres/Rire...
Autant d'étapes de ces adieux imposés qui sont décrites ici. Au fil des saisons. Avec ce
passage du temps qui apaise forcément. On se laisse bercer par la douceur et la sensibilité
des mots de Maylis Daufresne. Ce cocon poétique qui parle avec tant de délicatesse
de cette épreuve commune à tous. J'ai tant aimé cette image de la douleur baluchon
que chacun traîne après la mort de l'autre. Une jolie image qui résonnera aux tréfonds
de tous les lecteurs.
J'ai tant aimé aussi cette fin sublime. Qui touche évidemment.
Et qui pare encore plus de poésie ce livre.
Ces mots si fins et si justes se retrouvent magnifiés par les images de Baptistine Mésange.
On se perd dans les détails. On observe le bal des saisons.
On sent la chaleur palpiter autour de Boléro.
Cette chaleur bienveillante des autres qui regardent et l'entourent dans ce moment difficile.
Bref, vous l'aurez compris: un album pépite qui m'a vraiment émue et que je ne peux que
vous recommander.
Clairethefrenchbooklover
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